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Lettre à l’évêque de Rome

de la Fédération Européenne des Prêtres Catholiques Mariés

auteur anonyme
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Cher évêque François,

À l'occasion de votre appel à servir la communauté en tant qu'évêque de Rome, nous, les membres de la Fédération européenne des prêtres catholiques mariés, nous tenons à vous assurer d’un accueil chaleureux.  Nous comptons sur vous pour l'espérance, pour la joie et pour la nourriture spirituelle.     

Nous souhaitons partager avec vous une merveilleuse image biblique.  Dans le livre de la Genèse, le 7e jour de la création, Dieu créateur a cessé son travail de création. Dieu a vu que c’était non seulement bon, mais vraiment très bon. Nous avons une image de ce Dieu, assis, se réjouissant de la merveilleuse diversité de l'univers lui permettant de croître et de devenir ce qu'il peut devenir.     

La  “Diversité” attire notre attention sur la manière dont toutes nos pensées devraient être incarnées.  La vie ne peut surgir et se développer dans toute sa diversité que dans les divers sols si différents d'un endroit à l'autre. Quelle magnifique diversité!     

En conséquence, nous demandons que la gouvernance de notre communauté ecclésiale passe d’une gouvernance de pouvoir, qui contrôle et limite à une gouvernance qui soutient, guide et nourrit la vie de la foi dans notre communauté universelle dans toute sa diversité.       

Par conséquent, nous devons chercher à développer ce qui a été abordé à Vatican II, la notion de collégialité.  La gouvernance de notre communauté est étonnamment sur-centralisée.  Nous devons nous rendre compte qu'il est impossible de gérer une communauté universelle dans toute sa dimension sans étouffer et tuer la vie que nous voulons soutenir a la base. Cependant, il faut ajouter que le principe de collégialité est de peu d’importance s’il n’est constamment et strictement lié au principe de subsidiarité. Nous sommes tous tenus et appelés en vertu de notre baptême au service de la communauté et nous devons pouvoir réagir librement et volontairement, sans être bridés par les échelons supérieurs de la hiérarchie.

La gouvernance doit aussi être représentative de la communauté qu'elle sert.  Nous avons réfléchi sur ce modèle de croissance et de nourriture.  Dans nos familles et nos communautés, quelle merveilleuse contribution que celle des femmes de notre communauté !  Nos pensées se tournent vers cette belle image du Livre des Proverbes, celle de ‘Dame Sagesse’, active dans l'univers créé et se réjouissant d'être avec l'humanité. Nous devons immédiatement inclure les femmes dans la gouvernance de notre communauté.  Elles sont l'incarnation de Dame Sagesse et ont tellement à contribuer à notre croissance dans le jardin du Royaume de Dieu.     

‘Dame sagesse se réjouit d'être avec l'humanité’.  Si nous osions émettre une exhortation : ‘Embrasser tout ce qui est bon’.  Trop longtemps nous avons entendu le langage morne et deshumanisant  du péché et des pécheurs.  Bien sûr nous sommes loin de la gloire de Dieu.  Écoutons pourtant les parents et les enseignants : si nous n’aidons pas les jeunes à construire leur image de soi, ils ne seront pas capables d’un travail bon et créatif.  Ainsi, tout en accordant aux communautés de notre église universelle la liberté de devenir ce qu'elles peuvent devenir, il faut les aider à découvrir ce qui est bon chez elles, pour construire une confiante image de soi.  La diversité de la création est en effet très bonne !     

Permettez-nous de prendre encore une autre image biblique.  Dans les Livres des Rois, Salomon  peut demander tout ce qu'il désire – richesses, prospérité, honneur.  Ce qu'il demande c’est un ‘cœur qui écoute’ pour faire le bien pour son peuple. Notre gouvernance a malheureusement tout ce qui a été ajouté à Salomon en termes de richesses, de prospérité et de pouvoir. Si seulement nous avions plus de simplicité !  Ce que nous n'avons pas, c’est un cœur qui écoute parce que les gens n'ont pas de voix. Quand une voix prophétique s'exprime sur notre manque de vision poétique, elle est souvent brutalement réduite au silence.  Sur la base du principe de subsidiarité, nous devons permettre à la voix de la communauté de se faire entendre.  Nous devons développer les procédures démocratiques et les mécanismes qui sont nécessaires pour grandir au service du Royaume de Dieu.  Finissons-en avec le voile du secret et le manque total de transparence dans la gouvernance de notre communauté !      

Nous nous situons dans une longue tradition.   Trop souvent cela est utilisé pour justifier : “nous l’avons toujours fait comme ça et nous le ferons toujours ainsi”.     

Revenons à l'image du Dieu créateur qui permet à l'univers de croître et de devenir ce qu'il peut devenir.  La Tradition est une croissance organique et par conséquent, tout en gardant précieusement ce qui a été bon dans le passé, nous devons avoir l'imagination et la vision d’inventer hardiment l'avenir, à la manière du père de famille de Matthieu 13 qui sort du trésor du Royaume de Dieu "des choses anciennes et des choses nouvelles".  

N’était-ce pas Newman qui disait : «changer c’est grandir et changer souvent c’est devenir parfait » ?

Sommes-nous prêts à faire route ensemble pour partager un avenir riche et merveilleux ?

  Bruxelles, le 9 juin 2013  

auteur anonyme


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