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L'âme du monde, de Frédéric Lenoir [1]

Jean Debelle
Publié dans Bulletin PAVÉS n°34 (3/2013)

Frédéric Lenoir, philosophe et historien des religions, auteur bien connu depuis notamment  Le Christ philosophe (2007), nous livre ici un récit sous forme de conte, de très belle écriture. L'histoire coule limpide, lumineuse comme une eau claire, facile à lire, quoique nimbée d'un certain mystère ; elle s'adresse au cœur plus qu'à la raison.

Sept sages venus de tous les horizons, appartenant à des religions différentes, se retrouvent dans un monastère tibétain.

Ils se proposent de transmettre à la génération suivante représentée par deux jeunes adolescents, Tenzin et Natina, la quintessence de la sagesse universelle, celle qui peut répondre aux grandes questions existentielles que les humains se posent depuis toujours (sens de l'existence, unité de la personne, chemin vers le bonheur, etc...)

Pour cela, ils  partent de leur propre vécu plutôt que de leurs croyances et de leurs doctrines.

Ils y mettent le temps, sept jours, partagés entre la réflexion, la prière et l'échange.

Les clefs de cette sagesse universelle ne sont pas neuves ; des siècles les ont façonnées ; elles nous sont connues quoique souvent ignorées, voire bafouées.

Mais, au terme de cette semaine féconde, un gigantesque cataclysme planétaire  surgit, sorte de fin du monde. Et nos deux jeunes survivants découvrent alors un univers radicalement nouveau sur les ruines d'une terre dévastée. Un message trouvé sur une lettre cachée dans une roche est non équivoque ; c'est, sous cette métaphore, un verdict sans appel. Je cite :

« Les religions du passé ont en partie échoué dans leur mission de convertir le cœur de l'homme, parce qu'elles ont trop souvent préféré asseoir leur emprise sur le monde plutôt que de servir l'humanité.

Elles sont trop souvent devenues des lieux de pouvoir au profit des diverses communautés humaines, alors qu'elles devaient être des phares pour le monde entier. » (p. 189)

La thèse est séduisante et ne manque pas de pertinence pour notre époque ; les sociétés humaines toujours assoiffées d'absolu, mais aussi marquées par un irrépressible courant de sécularisation ne sont-elles pas appelées à s'unir, à cohabiter pacifiquement, sur base d'un référent universel non religieux, situé en quelque sorte en amont des religions ?

Quitte à ce que, selon les temps et les lieux, l'adhésion à ce référent universel s'exprime dans des pratiques spirituelles et des termes culturels variés dont le christianisme serait alors une des versions parmi d'autres ; "l'âme du monde" étant alors, en langage chrétien traditionnel, l'Esprit Saint.

Dans la foulée de cette vision, on pourrait réécrire la charte non pas des « droits de l'homme », mais, plus largement, la charte de l'humain, d'un humanisme spirituel.


 

Jean Debelle (Communautés de Base)

Notes :

[1]  Frédéric LENOIR, L’âme du monde, aux éditions NiL, 2012, 202 pages.

 



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