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La Communauté des Sœurs en monde ouvrier

Françoise Romatif
Publié dans CEM n°134 (3/2022)



Ce groupe a toujours été une communauté de célébration eucharistique, commencé dans les années 1970, au moment où plusieurs religieuses ont choisi le travail salarié en dehors de leurs communautés. C’est le moment aussi où nous avons commencé à quitter nos grandes communautés avec chapelle, pour habiter en petites équipes de trois ou quatre sœurs, des maisons ouvrières ou appartements en ville. À cette époque, les religieuses allaient à la messe chaque jour. En raison des horaires de travail, cela devenait compliqué et posait question.

Plusieurs d’entre nous vivaient une expérience nouvelle comme salariées en entreprise ou dans une association. Toutes aussi avions choisi de nous syndiquer, les unes à la CSC-CNE, les autres à la FGTB-SETCa et c’était nouveau avec plein de questions.

La communauté des religieuses en M.O. n’a jamais eu d’action spécifique propre. Toutes les sœurs étaient engagées, syndicalement ou dans des associations diverses, à titre personnel.

A la même période, avec les responsables du séminaire de Jumet, il y avait une réflexion sur la pratique de la messe quotidienne, sur la manière de célébrer. Nous avons commencé à nous réunir une fois par semaine entre religieuses, les Petites Sœurs de l'Assomption de Jumet (Thérèse, Marthon, Monique), les Petites Sœurs Dominicaines de Charleroi et Jumet (Catherine, Bernadette, Françoise et Geneviève, Jacqueline, Maria), avec Ernest Michel alors Président du Séminaire Cardijn.

La rencontre se faisait vers 17 heures, à la fin de la journée de travail, dans une communauté ou l’autre, à tour de rôle. La communauté qui recevait préparait et animait la célébration. Au bout de quelques mois nous avons décidé de manger ensemble avant de célébrer. Puis notre groupe s’élargissant à des sœurs vivant seules, Marie-Pascale, Rita, Léo, Monique, Mariette, nous avons limité la rencontre à la célébration et au partage d’un verre de l’amitié en fin de célébration.

En nous réunissant, nous voulions vraiment faire eucharistie, rendre grâce pour ce qu’il nous était donné de vivre. La rencontre commençait par un tour de table du vécu avec des échanges de points de vue, d’expériences. C’était pour nous un lieu de formation mutuelle, d’approfondissement de ce que nous vivions. Nous cherchions ensuite à quelle parole de l’Écriture nous faisait penser ce que nous venions de partager.

Après le partage de la Parole venait la mémoire de la mort et résurrection de Jésus, avec des prières eucharistiques composées à l’occasion de rassemblements divers. Dès les débuts de nos rencontres, après réflexion, nous avons dit ensemble les paroles de la consécration… ce qui a fait parfois difficulté lors d’arrivée de nouveaux membres dans le groupe.

Le groupe a toujours eu la présence d’un prêtre : Ernest, Pierre, Paul, Edouard. Quand le prêtre ne pouvait venir, nos manières de faire ont varié. Les premières années nous avons, comme en sa présence, fait mémoire de la mort et résurrection de Jésus et communié au pain et au vin « eucharistiés » par la communauté. Ensuite, certains membres du groupe n’étant pas à l’aise, il n’y a eu que partage de la Parole et prière ensemble.

Nous avons vieilli, des sœurs ont quitté Charleroi ou sont décédées, et des laïques sont venues célébrer avec nous. Nous sommes toutes à la retraite, avec des engagements autres que la vie professionnelle. Le partage du vécu est différent. Nous partageons surtout à partir de la Parole de Dieu avec des échanges sans doute « nourrissants » pour certaines, mais avec peu de lien avec notre vie et celle des gens autour de nous.

La communauté des religieuses en M.O. n’a jamais eu d’action spécifique propre. Toutes les sœurs étaient engagées, syndicalement ou dans des associations diverses, à titre personnel.  La célébration, c’est le lieu fort de partage du vécu avec l’éclairage de la foi, la prière pour et avec ceux dont nous portons le souci, et le lieu d’envoi après la communion au pain pour la route.

Par ces célébrations, nous sommes Église. Espérons que le Synode sur la Synodalité ouvrira un avenir à de telles communautés, animées par des hommes et des femmes que l’Esprit suscitera.

Communauté des Sœurs en monde ouvrier, Charleroi


Françoise Romatif (Communautés de Base)


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