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Les rapports entre l’Église et l’État en Belgique

Carte blanche (version brève)

André Fockedey
Paul Verbeeren
Cet article n'a pas été publié dans une de nos revues

Un groupe d’amis a mené une réflexion et vient d’envoyer une « carte blanche » questionnant une série d’anomalies dans les rapports entre l’Etat et les cultes, et en particulier l’Église catholique en Belgique. Plusieurs médias l’ont déjà publiée.La version intégrale se trouve sur ce site.

Les lois régissant les rapports entre l’Eglise et l’Etat datent du début du XIXème siècle. Ce sont ces lois qui attribuent un salaire aux desservants des paroisses, qui déterminent les devoirs des communes à assurer un logement aux curés et à financer les besoins des églises. Ces conventions se fondent sur un équilibre sociétal devenu totalement anachronique, sans avoir recours à un contrôle démocratique sur la pertinence des coûts et sur le salariat à vie. Ne serait-il pas temps de réévaluer la manière dont les cultes et la laïcité sont financés par les différents niveaux de pouvoir public et d’envisager davantage un subventionnement par projets, budgets et contrats limités dans le temps, comme dans les secteurs culturel et sportif ?

En fonction de ces lois, c’est le ministère de la Justice qui paie les responsables d’Eglise. Or quelques irrégularités rarement dénoncées apparaissent dans la pratique. C’est particulièrement le cas en matière de discrimination à l’embauche opérée par l’Eglise, et cautionnée par l’Etat, lorsque l’accès aux fonctions de curé ou d’évêque se voit limité en fonction du genre et de l’état civil des candidats. De même, nous pourrions aussi nous interroger sur la légalité de la rupture de contrat de travail opérée par ces mêmes évêques, également validée par le gouvernement, lorsqu’un de leurs employés a causé un « scandale » en se mettant en ménage. L’obtention par l’Eglise d’une clause d’exception à la législation sur le travail en pratiquant des contrats dénommés « sui generis » autorise étrangement les évêques à limiter les droits des employés d’Eglise et à s’immiscer dans leur vie privée.

Ces pratiques discriminatoires sont encore plus sensibles lorsqu’elles se concrétisent dans les salaires des employés d’Eglise, alors que la législation prétend assurer un salaire équivalent aux travailleurs, quel que soit leur genre. Il est en effet étonnant de constater que dans l’Eglise catholique, si l’on tient compte également des avantages en nature octroyés aux ministres ordonnés, le salaire moyen d’une femme atteint seulement 64 % de celui d’un homme, et cela avec l’assentiment du ministère de la Justice qui délivre leurs salaires.

Enfin, il est aussi étrange de constater le maintien des chapitres de chanoines, nommés à la discrétion des seuls évêques, sans mandat de la communauté, mais payés par la collectivité.

 

Ces quelques éléments de décalage ou de tension persistent parmi d’autres dans les rapports entretenus entre les cultes et les pouvoirs publics. Notre propos est d’inviter la population à s’emparer de ces incohérences, mais également nos instances dirigeantes politiques et cultuelles à les remettre sur l’outil pour les réajuster en fonction des nouveaux défis de notre société sécularisée et pluraliste.

Au nom du groupe, Paul Verbeeren et André Fockedey

25 novembre 2025


André Fockedey
Paul Verbeeren ( - )


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