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Débat sur le post-théisme. Sans la personne-Dieu la communauté disparaît

Vittorio Bellavite
Cet article n'a pas été publié dans une de nos revues


J'essaie de suivre la discussion sur le post-théisme qui s'enrichit à nouveau de nouveaux textes. En particulier, je le fais parce que les médias avec lesquels je collabore sont impliqués et des amis sont présents depuis un certain temps dans le circuit de réflexion critique sur la situation de l'Église et des communautés de foi. C'est un domaine de recherche dans lequel je ne suis pas particulièrement à l'aise car d'une part certains points de départ ne me semblent pas originaux (le dépassement d'une "vieille" idée de Dieu), d'autre part en raison de la difficulté à bien comprendre les enjeux ouverts, me retrouver face à un langage parfois alambiqué et qui fait référence à des concepts qu'il faudrait mieux définir.

Je me demande s'il est vrai que ce chemin « au-delà des religions » ne se termine pas en définitive par une sensibilité panthéiste, aussi noble qu'on le souhaite, peut-être émotionnellement engageante, peut-être rationnellement efficace pour un espace d'opinion dans ce passage de civilisation. Il me semble dans son ensemble loin des racines, de l'ADN des réponses aux grandes questions sur le sens de la vie auxquelles les fois et les religions dans l'histoire de l'humanité ont apporté des réponses, même difficiles. Partir des douze points de déconstruction du système ecclésial de Spong pour arriver pas à pas à une forme de religiosité qui abstrait, généralise et ne se focalise pas sur l'expérience de l'homme concret me semble une voie discutable. L'agnosticisme, l'athéisme, l'homme en quête ont leur histoire, leurs fondements, ils n'ont pas besoin de commencer par une réaction sévère à ce qu'est l'Église. La réaction à la situation de l'Église est déjà et pourrait bien être différente (comme la mienne pour une réforme radicale de la praxis de son message et de sa vie intérieure). Il me semble que la sortie de la foi ou la crise de la foi laissent un vide plutôt que le passage à une sorte d'autre croyance (athéisme, agnosticisme).

Surmonter le Dieu personnel est un autre point à discuter. Dans les quatre évangiles, Jésus parle de sa relation avec le Père. Combien personnel y a-t-il dans cette relation que les chrétiens entendent à plusieurs reprises de l'Évangile avec des mots qui indiquent un lien étroit avec une grande signification théologique. Voici l'aspect maternel/paternel d'une Personne liée à une autre Personne. Il n'est pas le Dieu immobile ! Ce n'est pas un Dieu qui fait (nous crée) puis s'éloigne pour devenir une réalité cosmique, une énergie omniprésente et diffuse qui anime indistinctement l'être. La science continue de creuser et de trouver, très bien bien sûr, de la mécanique quantique au big bang, à Teilhard de Chardin à l'accélération de l'expansion de l'univers. Il me semble qu'il n'y aura jamais de réponses qui viendront des découvertes extraordinaires et de plus en plus étonnantes, celles d'aujourd'hui et celles de l'avenir, qui peuvent venir définir Dieu ou qui conduisent à d'autres explications métaphysiques de la réalité. Dieu est Personne parce qu'il sort des Evangiles, et puis il est aussi, comme dit Dante, "celui qui déplace tout à travers l'univers pénètre et brille en une partie plus et moins ailleurs". Dieu est Personne, "père" mais aussi créateur et maître de l'être.

La question de la Résurrection ne peut être ignorée ou sous-estimée. On pourra discuter, au fur et à mesure, si le récit des Évangiles est une véritable chronique ou s'il s'agit de la description sous d'autres formes de la relation Père-Fils avec l'accomplissement de la mission et avec son irruption parmi les disciples, convaincus de leur échec, qui fonde la foi et propose un message pour tous les peuples.

Dans le sens "au-delà des religions", il me semble que se créent les raisons à partir desquelles la dimension communautaire de ceux qui vivent en tant que croyants se réduit ou disparaît du fait de l'absence ou du moins de l'affaiblissement de la participation à une vision et une action collective d'inspiration spirituelle. Je pense aux communautés de base, aux ordres religieux et à toutes leurs activités, aux paroisses et à toute autre forme de présence de foi. Je me demande si un lien communautaire serait possible entre ceux qui, en fin de compte, partagent le dépassement du Dieu qui juge et dispose et de sa « superstructure » (l'Église).

Les réflexions que j'ai lues dans les interventions sont plus complexes et diversifiées chez les « post-théistes » eux-mêmes et il est difficile d'entrer dans le fond de tout. Ceci est mon texte court et de premier ordre. Peut-être pourrait-il avoir une réponse car ce sont des points internes à notre circuit conciliaire et, en particulier, à celui des "Gabrielli", Adista et aussi de Chiesadituttichiesadeipoveri 

 


Vittorio Bellavite (Noi Siamo Chiesa - Italie)

Notes :
Extrait de : Adista Segni Nuovi n°28 du 24/07/2021
https://www.adista.it/articolo/66376



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