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Vivre la démocratie ...

n’est-ce pas la meilleure façon de respecter l’être humain et de l’humaniser ?

Démocratie dans l'Eglise
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« La démocratie est l’instrument historique le plus efficace pour assurer la dignité de l’homme »

Benoît XVI

Comme la marmite commence à bouillir par le fond, ainsi la démocratie commence par la base.

Il a fallu de nombreux siècles pour que l’humanité découvre progressivement et fasse sienne la démocratie : le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Beaucoup est encore à faire, notamment au sein de notre Eglise. Il y a de nombreuses formes de démocratie qui doivent être adaptées à la taille, au nombre, aux buts et à la liberté des personnes qui en sont membres.

La démocratie sera représentative pour les grandes communautés humaines et quand l’éloignement les rend indispensable, elle sera directe et participative, là où les communautés le rendent possible, elle sera totalement libre avec des volontaires et parfois obligée quand tout le monde y est soumis.

Nous ne sommes encore qu’à l’aube d’une véritable démocratie dans le monde. La démocratie nécessite une formidable confiance dans l’être humain et dans ses capacités de se prendre en charge, d’être responsable. Elle demande beaucoup de temps à ses membres : ils doivent s’informer, se former et accepter de consacrer une part de leur vie pour créer un monde humain. Longtemps, elle n’a été possible qu’à de toutes petites échelles et pour des décisions qui ne mettaient pas fondamentalement en cause l’avenir de l’ensemble des communautés humaines.

Nous vivons l’avènement de la mondialisation, des gouvernements planétaires, des rassemblements de nations et de peuples. Nous sommes entraînés par la montée d’une culture plurielle et de formations et informations qui touchent presque tout le monde partout dans le monde grâce aux moyens de communication instantanés actuels (télévision, radio, presse, téléphonie, internet), ainsi que des moyens rapides de se rencontrer (aviation, TGV, etc.). Les barrières frontières du passé sont en train de devenir obsolètes, sinon ridicules. Nous vivons à un moment de grandes migrations et plus aucune frontière ne résiste à la poussée des peuples en quête de mieux vivre.

Nos vieilles démocraties, - encore très récentes comparées à l’histoire du monde, - ont été fortement secouées le siècle dernier par de nouveaux totalitarismes idéologiques, nationaux et/ou religieux. Nous avons dû inventer des démocraties plus larges dans l’espace (ONU et regroupements de pays par continents entiers), ainsi que dans leurs membres (vote des femmes, vote des jeunes, suppression des suffrages réservés à certaines catégories d’êtres humains, etc.) Nous avons essayé au cours des âges toutes sortes de formes de gouvernements et avons pu ainsi découvrir qu’il n’en est aucun de parfait, que tous peuvent être dévoyés ou corrompus, car ils sont à l’image de notre humanité… Nous avons pu découvrir que le meilleur ou le moins mauvais était celui qui reposait sur la liberté et la confiance en l’être humain : ce dernier n’est plus seulement un sujet ou un objet de gouvernement, mais devrait devenir le centre de l’agir des communautés humaines.

Si vous voulez humaniser un être humain, rendez-le responsable de plus faible que lui, faites-en un papa ou une maman, un responsable de soins de santé, demandez-lui d’animer des plus jeunes ou d’aider des plus malhabiles.

Si au contraire vous désirez l’infantiliser et le rendre dangereux, refusez-lui des responsabilités, mettez le en prison, faites-en un fanatique d’un leader ou d’une cause, empêchez-le de penser par lui-même et mettez-le en concurrence avec d’autres pour obtenir le droit de survivre. Vous verrez que ce n’est pas le meilleur qui gagnera, mais la loi du plus fort et du plus malin.

La morale, l’éthique, les façons de vivre et d’agir ont été elles aussi radicalement remises en question. Il n’y a plus de modèle unique d’humanité, de famille, de couple, de sexualité et de société. L’être humain d’aujourd’hui refuse les donneurs de leçon, les experts en humanité, ceux qui disent et ne font pas, qui font porter à d’autres des fardeaux qu’ils ne portent pas eux-mêmes.

Dans notre Eglise aussi, nous avons plein de contradictions ; notre Eglise appelle à la pauvreté mais se retrouve souvent du côté des riches (train de vie de la curie, luxe des nonciatures et des palais épiscopaux) ; elle appelle au service à l’exemple de Jésus, mais pactise souvent avec le pouvoir ; elle proclame une « Bonne Nouvelle » universelle mais exclut arbitrairement (divorcés remariés, homosexuels, …) ; elle veut qu’on reconnaisse à chaque être humain la qualité de fils et de fille de Dieu mais refuse aux femmes l’égalité avec les hommes…

Subsidiarité et autonomie

Il est évidemment impossible à tous de donner à tout moment leur avis sur tout. Il faut donc trouver des moyens d’exercer le pouvoir démocratique dans le respect de la liberté et de l’autonomie de chacune et chacun. C’est pourquoi la démocratie ne peut se concevoir que dans le plus grand respect des décisions individuelles. Il n’est pas question de légiférer sur tout et de tout censurer. Il faut exercer le moins de pouvoir et d’obligations possibles.

Le vieux droit romain disait déjà : « l’homme de pouvoir ne s’attache pas aux broutilles » et « le comble du droit est le comble de l’injustice ». Si nous voulons des démocraties efficaces, elles devront respecter les opinions et les décisions personnelles. Elles devront aussi permettre à tous les groupes et associations d’exercer des pouvoirs subsidiaires, en toute autonomie, en fonction du bien des groupes et associations, pour autant que ces derniers ne nuisent pas aux autres.

Il appartient aux pouvoirs supérieurs d’être à l’écoute des pouvoirs inférieurs, de leur permettre de s’exprimer et de décider le plus possible en toute autonomie. Les pouvoirs supérieurs n’ont à se prononcer et à décider que si d’autres ne peuvent ou n’arrivent pas à le faire en tenant suffisamment compte du bien commun. Ils tiendront alors compte du plus grand bien ou du moindre mal, car dans la direction des êtres humains et des communautés humaines, on peut inviter à faire le bien et punir le mal, mais l’ensemble de la vie est tout en nuances car le bien et le mal sont souvent inextricablement mêlés. Les chrétiens connaissent la parabole de l’ivraie et du bon grain.

(Mars 2007)

Démocratie dans l'Eglise (D?mocratie dans l)


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